MEDIATOR, ANALYSE DU RAPPORT IGAS: de la toxicologie au passage à l’homme

Par Yves Dumas

La toxicologie étudie chez l’animal les effets des substances chimiques destinées à devenir des médicaments.

Compte tenu de la spécificité des espèces animales il est habituellement demandé de conduire ces études chez deux espèces animales différentes, dont une ne doit pas être un rongeur. En fonction de la durée d’administration envisagée chez l’homme la durée d’administration à chaque espèce animale varie.

Les effets toxiques recherchés sont liés soit à une action locale sur des mécanismes physiologiques de l’organisme soit à la concentration au niveau des organes. Pour détecter ces effets des observations du comportement des animaux sont réalisées tout au long des études. A la fin de chacune d’entre elles des animaux sont sacrifiés et l’analyse systématique des organes est réalisée. Ces travaux ne peuvent être que « prédictifs » à l’égard des effets de la substance attendus chez l’homme car l’organisme de chaque espèce animale réagit différemment et surtout différemment de l’organisme humain.

Les informations rassemblées par l’IGAS sont peu nombreuses et peuvent se résumer en 3 points :

  • le benfluorex est décrit comme présentant des effets indésirables « 10 à 15 fois moindre que ceux de l’amphétamine » (travaux des Laboratoires Servier entre 1965 et 1969),
  • en 1973 dans une étude financée par les Laboratoires Servier les auteurs que les « effets de la fenfluramine et de l’amphétamine sur le comportement peuvent ne pas être aussi différents que suggéré antérieurement »,
  • toutefois le benfluorex est toujours présenté comme « 10 fois moins toxique que la fenfluramine ».

Le rapport IGAS ne fait mention d’aucune autre donnée toxicologique.


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