Garde à vue : non Madame la Ministre ce n’est pas une révolte, c’est presqu’une révolution !

Par Michel Engelmann

Pour que des magistrats agissent de concert et annule des gardes à vue ce weekend du 06 février il aura fallu une certaine prise de conscience et la ferme volonté de ne plus se placer sous la loi nationale mais de prendre le ferme engagement de protéger les Droits de l’Homme. C’est presqu’une révolution alors que ce qui caractérise les deux principaux interlocuteurs sur le sujet sur cette même période, la Ministre de la Justice et le Ministre de l’Intérieur, c’est de vérifier l’efficacité de la Poste en s’envoyant des courriers peu aimables.

Alors que la Ministre de la Justice rappelait à son collègue de l’Intérieur que c’est elle et les parlementaires qui « disent les lois » et que ce dernier lui répondait qu’elle avait quelques cheveux à se faire, quelques magistrats troublions indiquaient que ce sont eux qui appliquent les lois et, en l’occurrence, « font la loi » par les décisions qu’ils prennent et la jurisprudence qu’ils créent.

 Le tribunal correctionnel de Paris a donc annulé cinq gardes à vue ces derniers jours. Le plus insolite, pour ne pas dire comique par respect, c’est que ce n’est pas dans n’importe quelle affaire. Il s’agit d’une agression présumée contre des agents de police. Le motif ? Les avocats des prévenus n’avaient pu exercer pleinement les droits prévus par la convention européenne des droits de l’Homme. Nous voilà revenu au cœur du débat entre nos deux Ministres. Selon diverses sources plusieurs juridictions de première instance, notamment à Bobigny, ont déjà annulé des gardes à vue dans lesquelles le mis en cause n’avait pas pu avoir accès à un avocat dès le début de la mesure de privation de liberté.

Taquins nos magistrats qui rappellent ainsi nos deux Ministres d’Etat à leur dur labeur ?

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