Garde à vue : gare à nous !

Par Michel EngelmannMinistère Intérieur

Avec 900000 gardes à vue désormais avouées par notre Ministère de l’Intérieur nous voilà rassuré. Moins de 1,5% d’entre nous, enfants compris, sommes passés par la Garde à Vue en 2009. Si on supprime les enfants et les adolescents le score peut atteindre 2,5%.

Il est étonnant de voir au même moment le sondage CSA nous dire à quel point nous aimons notre police. Les « sondeurs » ont certainement exclu ces 900000 là de leur panel de sondage.

Le thème de la garde à vue fait recette. Tout le monde réagit où presque.

Les « avocats » ont sonnés la charge par l’intermédiaire du Bâtonnier de Paris. Ils ont même mis à la disposition des prévenus des formulaires de dénonciation de la garde à vue.

Les magistrats s’y mettent également. C’est ainsi que le Procureur Général de Paris pose la question d’une façon étrange : « La garde à vue un enfer ? ». Il nous montre ainsi que l’on est toujours mieux placé pour commenter lorsque l’on ne subit pas.

Le Sénat avait jeté quelques forces dans la « bataille » et publie un rapport comparatif des différents systèmes de gardes à vue au sein de l’Union Européenne.

Pour une fois, ceux qui ont largement contribués à atteindre le score de 900000 gardes à vue dans notre pays sont sans voix ; je veux dire les syndicats de Police, prompt habituellement à réagir sur tout ce qui concerne les policiers.

Donc, face au débat qui s’ouvre sur la garde à vue il ya au moins l’unanimité sur le fait qu’elle est indispensable. Après le coup de sifflet du Premier Ministre il semble aussi y avoir l’unanimité sur le fait qu’elle ne doit pas être une pratique courante. Reste donc à s’entendre sur le Pourquoi, quand et comment car on sait déjà ou. Pour le qui il faudra vraiment être vigilant Mesdames et Messieurs les parlementaires.

Mais au fait, qu’en pensent nos policiers ?

Les vieux, les « Gros minets », nous dirons que cette jeune génération de policiers issus du rang ne connaissent rien aux lois ni aux procédures et que le travail de fond ne va pas être facile. Tous sans exception nous dirons que face à l’agressivité et au manque de respect concernant le secret d’une instruction à ses débuts, avec les avocats il n’y aura pas d’enquête possible sans garde à vue. Il y a bien deux choses qui sont inacceptables. D’une part le nombre des gardes à vue. D’autre part les dérives d’un petit nombre de gardes à vue. Ce petit nombre n’est malheureusement pas suivi de sanctions et cette impunité génère inévitablement d’autres abus.

J’allais oublier : dans son rapport d’enquête le Sénat ne nous dit pas quels ont été les scores de nos voisins de l’Union Européenne en 2009 concernant la garde à vue.

Ce serait important pour savoir enfin s’il y a eu abus où non chez nous.

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