AULNAY SOUS BOIS: la vérité judiciaire peut-elle contredire la vérité des preuves ?

Par Michel Engelmann,

D’un côté un diagnostic médical:

plaie longitudinale du canal anal (avec) section du muscle sphinctérien.

 De l’autre côté une décision judiciaire attendue d’un magistrat, décision qui reposera en partie sur l’examen des films et enregistrements vidéo de la scène d’intervention.

Le diagnostic médical tel qu’il est connu aujourd’hui est sans appel. Compte tenu de l’anatomie de la sphère annale la lésion n’est pas seule due à un mouvement horizontal du tonfa. Une lésion de 10 centimètres correspond à une pénétration évidente que la nature du sol montré sur des vidéos ne peut expliquer.

Que peut on conclure de l’examen minutieux des vidéos, travail réalisé par les limiers de l’IGPN ?

Compte tenu des vidéos vues sur l’Internet il est probable que rien de particulier ait été vu. Ceci veut dire que les conclusions de l’IGPN ne peuvent être que du genre:

nos observations des vidéos en notre possession nous permettent de conclure qu’aucun geste particulier montrant une pénétration n’est observé.

Elles ne peuvent pas être très différentes car soit l’IGPN a vu quelque chose soit elle ne peut voir un geste furtif qui de toute évidence peut être caché par la disposition des policiers.

Si l’IGPN concluait à un acte involontaire, sans avoir observé le geste incriminé, cela ne pourrait être que sur le témoignage des policiers. Une telle conclusion serait dramatique pour la crédibilité de l’institution policière car elle ne reposerait pas sur des preuves mais sur des déclarations individuelles et tout particulièrement sur la déclaration du policier concerné.

La seule conclusion qui sera reconnue sera celle du juge dont la tâche parait bien difficile aujourd’hui.

 

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