Les Procureurs Courroye et Varin : une lecture de la procédure pénale pour protéger le système !

Ministère de la JuticePar Michel Engelmann

Ce que nous pension se déroule sous notre nez : que ce soit pour une « raison d’Etat » ou pour une raison « provinciale » les Procureurs de la République n’ont aucune hésitation à travailler en « secret ». Dans un cas cela viole les garanties démocratiques dans notre pays, dans l’autre cela nuit à l’application des fondamentaux de la démocratie au niveau des citoyens.

Raison d’Etat :

Dans l’affaire Bettencourt le Procureur Courroye est bien décidé à garder la main sur le dossier malgré l’avis du Procureur Nadal qui a « recommandé la saisine d’un juge d’instruction pour poursuivre les investigations, actuellement conduites par M. Courroye ».

Largement accusé de collusion avec le pouvoir politique le Procureur Courroye avait fait savoir le 21 juillet 2010 qu’il n’était pas « homme à céder aux pressions ». Il est donc bien décidé à conduire cette affaire dans le secret de son instruction.

L’inquisition du magistrat se voudrait ici protectrice du pouvoir. De fait elle le dessert autant sinon plus qu’elle le sert en entretenant un doute sur une « cachotterie » d’Etat !

Raison provinciale :

Dans l’affaire du policier de Tours, armurier de son état, le fonctionnaire a été suspendu de ses fonctions pour « avoir vendu deux fusils de chasse stockés dans une armurerie du commissariat. Ils ne proviennent pas de scellés où sont regroupés tous les objets saisis lors des enquêtes judiciaires mais d’un dépôt annexe où sont rangées des armes, dont beaucoup de vieux fusils de chasse, en attendant d’être détruites » nous rappelle la NR du 22 septembre 2010.

Le procureur de Tours, Philippe Varin, a estimé que « l’affaire était suffisamment claire pour ne pas justifier l’ouverture d’une information avec mobilisation d’un juge d’instruction. Des poursuites seront engagées. »

Là encore le secret de l’instruction règne comme si l’affaire ne concernait que la police. Si des armes ont été volées puis vendues dans une brocante c’est qu’il y avait un receleur !

Le pouvoir inquisitoire du magistrat va donc permettre de régler « en famille » une nouvelle affaire policière qui touche une ville largement atteinte par une véritable délinquance policière.

Morale :

Le plan sécuritaire qui se renforce de plus en plus semble être conçu pour protéger le système en place plus que pour protéger les citoyens de tous les abus dont ils sont spectateurs.

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