SUICIDES DANS LA POLICE A TOURS: ALLER PLUS LOIN !

Commissariat de Police_ToursPar Michel Engelmann  (Médiapart)

Suite à une série de suicides au commissariat de Tours, puis au suicide d’un jeune policier début 2008 au même commissariat, une mission d’écoute a été mise en place fin janvier 2008 par l’IGPN en relation avec la préfecture de Tours. Elle rendait son rapport début février 2008.

Cette mission a été ponctuelle et a publié son rapport (1).

L’analyse des faits survenus dans cette ville sur une plus longue période de temps permet de se poser d’autres questions que celles soulevées par cette mission. Elle permet de comprendre certains doutes soulevés par les syndicats sur les résultats de l’enquête et de s’interroger sur le mode de fonctionnement des policiers et des magistrats dans ce genre d’affaires.

RAPPEL DES FAITS

C’est le suicide au commissariat d’un jeune sous-brigadier, le 13 janvier dernier, qui déclenchait une mission d’écoute les 22, 23 et 24 janvier 2008 (1). Le haut fonctionnaire de l’IGPN qui conduisait l’écoute remettait son rapport le 08 février 2008 dans lequel il  » exonère la hiérarchie du commissariat de toute faute  » (1).

Selon les informations disponibles ce jeune sous-brigadier est arrivé à Tours en septembre 2005 (2). Il était préoccupé par un problème professionnel qui n’a pas été « identifié » (1). Sa compagne étant elle-même policière (2) il est plus que probable qu’elle aura été entendue par la mission d’écoute. Aucune information venant d’elle n’a été rendu disponible, ce qui se comprend.

La mission d’écoute note toutefois qu’il « existe des difficultés relationnelles au sein du personnel  » (1).

QUE S’EST-IL PASSE EN 4 ANS AU COMMISSARIAT DE TOURS ?

En 4 ans 5 événements associés à 11 policiers de Tours peuvent être « officiellement » recensés (auxquels il faut ajouter deux témoins assistés).

Depuis 4 ans le commissariat de Tours voit les « événements » s’accumuler.

Le 08 juilet 2005 le Tribunal Correctionnel de Tours condamne deux fonctionnaires de police et leur supérieur hiérarchique pour agressions sexuelles sur une de leur jeune collègue (3). Les faits remontaient à 2003. La presse locale parlait « d’anciens fonctionnaires » car ils avaient été radiés entre la date des faits et celle du jugement. Mais qu’on le veuille ou non les trois comparses étaient policiers au moment des faits.

Entre 2007 et début 2008 trois suicides ont été observés concernant des policiers du même commissariat (4,5). Les deux derniers se sont déroulé l’un en décembre 2007 et l’autre en janvier 2008 (6). Selon les informations disponibles ils concernaient tous du personnel travaillant au commissariat depuis au moins 3 ans.

Le 21 juin 2008 la presse locale annonçait que « Trois policiers (étaient) mis en examen pour des violences » (7). Les faits remontaient au 11 septembre 2005. Deux autres fonctionnaires étaient également impliqués dans le dossier et ont été entendu par le juge « en qualité de témoins assistés » (8).

Le 04 février 2008 une plaignante déposait plainte contre un capitaine de police du même commissariat pour  » faux témoignage, dénonciation calomnieuse, abus d’autorité et de fonction et abus d’une qualité vraie » en relation avec l’affaire du Juge Terive. A ce jour la plaignante est sans nouvelle de cette plainte qui est toujours entre les mains du Procureur Adjoint Cruz.

Le 13 mai 2008 un plaignant déposait une plainte contre un autre capitaine du même commissariat pour  » Dénonciation calomnieuse  » (9). Le 20 juin, soit 27 jours calendaires plus tard, le Procureur Varin classait la plainte sans suite. Ce délai lui aura été suffisant pour mener à bien l’instruction de cette plainte ainsi que l’enquête interne aux services de police, le plaignant ayant par ailleurs informé directement le Directeur Général de la Police Nationale.


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