Vigiles, pratiques et Procureur.

Par Michel Engelmann

Est-ce la pratique d’un geste et/où la fonction de celui qui l’exerce qui fait l’erreur où la faute ?

Le décès d’un individu est inacceptable en lui même. Il l’est encore plus  lorsqu’il est lié au vol d’une bouteille d’alcool dans une grande surface comme ce fut le cas le 28 décembre 2009 à Lyon. Non pas qu’il soit moins important de voler une bouteille, un œuf  où un bœuf mais que dans un cas comme dans l’autre la mort d’un individu soit l’issue inéluctable d’un tel acte.

Le Procureur de Lyon a communiqué très rapidement sur l’incident. Il a ainsi fait savoir qu’ « au visionnement des enregistrements de sécurité la responsabilité des vigiles ne faisait aucun doute ». Il a ainsi jugé sans jugement. Ce n’est probablement pas ce qu’il voulait dire mais alors pourquoi l’avoir dit et ceci d’autant plus qu’il ajoutait sur les antennes de télévision que « les vigiles avaient utilisés des techniques qui ne sont pas employées par la police ». Avec une telle phrase il ajoutait le trouble ! Ses derniers propos laissaient ainsi à entendre que si ces vigiles avaient pratiqués des gestes de policiers ils ne seraient peut-être pas coupables ! Ce n’est bien entendu pas ce qu’il avait dit mais c’est en tout cas ce que l’on pouvait malheureusement comprendre.

On aurait pu demander à ce cher Procureur si c’est le geste où la personne représentant la fonction qui exécute le geste qui fait l’erreur où la faute. Car de toute évidence, dans l’esprit du magistrat, la faute semble venir du fait que les gestes pratiqués n’étaient pas « validés » par la gente policière et qu’ainsi l’erreur tient au fait qu’ils aient été pratiqués par des vigiles et non par des policiers. Gageons tout de même que cette dernière erreur sera qualifiée de faute car nos vigiles ne sont ni policiers ni magistrats.

Cette triste et inacceptable affaire n’est pas sans rappeler celle d’Hakim, mort le 09 mai 2008 à la suite d’une interpellation par des policiers. Cette fois là le Procureur s’était empressé de déclarer que les policiers avaient recouru à des méthodes d’immobilisation connues et qu’il n’y avait rien à leur reprocher. La suite des événements est malheureusement restée inconnue à ce jour.

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