VIOL AU 36 QUAI DES ORFEVRES : policiers et syndicats dans la négation ?

Par Michel Engelmann

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a assuré vendredi à Marseille qu’il prendrait toutes les sanctions qui s’imposent si les faits étaient établis. « Je souhaite que la justice et l’inspection générale de la police aillent au terme de ces investigations pour que la vérité soit faite« .

Monsieur le Ministre est déjà rentré dans sa fonction. Il est prêt à sanctionner l’ineffable si celui-ci est établi. Que peut-il faire vis-à-vis des syndicats voire des policiers qui auront émis des doutes sur les faits avant qu’ils soient établis ?

Une source proche de l’enquête citée par Le Point.fr précise que « l’enquête ne fait que commencer », et que « rien ne permet pour le moment d’incriminer les fonctionnaires ». « Il y a toujours du monde au 36, des faits de ce genre ne seraient pas passés inaperçus », ajoute cette source. Etait-ce là une façon de laisser entendre que si cela c’était passé rien ne pouvait échapper à la vigilance de l’institution.

Les images de vidéosurveillance ont donc été saisies.

Dans un premier temps, les policiers auraient tous niés les faits. Nicolas Comte, du syndicat SGP Police, s’est entretenu par téléphone avec un des policiers avant sa garde à vue: « Il m’a assuré qu’il n’avait absolument rien fait, qu’il n’avait pas eu de relations sexuelles avec cette personne et je le crois « .

Malgré les appels à la prudence de plusieurs policiers et le malaise de certains journalistes qui fréquentent régulièrement les bureaux de la célèbre brigade, il ne semble donc plus faire de doute qu’un crime particulièrement odieux s’est déroulé dans la nuit de mardi à mercredi dans les locaux connus pour abriter depuis toujours les plus prestigieuses brigades de la police judiciaire française.

Ces comportements illustrent encore une fois les propos de Montjardet du 22 janvier 2001: « Le corps, la profession, l’administration, réagissent d’abord, systématiquement par la négation. C’est le plaignant qui ment, la victime qui est coupable. Lorsque la dénégation n’est plus possible … ».

Attendons la suite

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