LES INDULGENCES : la vraie question est de savoir qui en a profité et en contrepartie de quoi ?

Deux commissaires de police distribuaient des indulgences, « faire sauter les P-V ». Le plus important n’est-il pas de savoir à qui et en contrepartie de quoi ?

Si nous nous référons au dictionnaire la définition d’indulgence est très intéressante :

« Attitude ou caractère d’une personne qui excuse, pardonne les fautes d’autrui, qui n’est pas sévère, qui s’abstient de punir ou punit avec peu de sévérité.»

Ce beau mot avait un usage lié à des pratiques de l’église :

« Rémission totale (indulgence plénière) ou partielle (indulgence partielle) des peines temporelles dues aux péchés déjà pardonnés ».

Ce que la définition ne dit pas c’est que l’obtention de cette rémission se faisait souvent contre espèces sonnantes et trébuchantes.

Nos deux commissaires sont allés bien au-delà des « indulgences » :

L’article du Point daté du 10 septembre 2014 concernant deux policiers est digne d’un très grand intérêt.

Pour le premier d’entre eux, François Ottaviani, 64 ans, ancien commissaire divisionnaire de Colombes l’accusation était : « corruption », « trafic d’influence » passifs et « violation du secret professionnel ».

Le deuxième, Benoît Collin, chef de service des officiers du ministère public (OMP) était accusé d’avoir annulé des contraventions.

Là où l’histoire va au-delà des simples « indulgences » c’est que nos deux compères étaient accusés d’avoir tiré de ces « indulgences » toutes sortes d’avantages, chambres d’hôtel et bonnes bouteilles pour ne parler que de la partie visible de l’affaire.

6000 PV annulés en 4 mois :

L’article du Point rapporte les propos de Benoît Collin, chef de service des officiers du ministère public (OMP).

 » Sur les quatre premiers mois de 2011, six mille contraventions sont classées ! »

Si le nombre est faramineux la suite de ses aveux laisse pantois.

Des indulgences pour qui ?

Le chef de service des officiers du Ministère public répondait aux questions du juge :

« …toutes les corporations, des mairies, des politiques, des avocats, des membres de cabinet du gouvernement, du Sénat, de l’Assemblée nationale, (s’adressent à lui) pour faire sauter les P-V. »

Les OMP dépendent à la fois de la police et de la justice. C’est donc le parquet qui est le supérieur hiérarchique des OMP.

Selon les dires de l’avocat du commissaire le journaliste du Point rapporte que :

les magistrats ne se privent pas de réclamer quelques faveurs.

La famille des commis de l’état au grand complet !

Des indulgences en contrepartie de quoi ?

Pour le plus gradé il s’agissaient de des dîners qu’il rejoignait parfois grâce à sa voiture de fonction, le gyrophare allumé quelques secondes pour griller les feux rouges et « impressionner » les amis, selon la procureur. Le commissaire se payait même le luxe de prendre comme chauffeur, lorsqu’il avait trop bu, une brigadière-chef, par ailleurs marraine de sa fille.

et de poursuivre :

« J’avoue, j’aime les femmes sexy, répond le commissaire, qui confesse une aventure avec la traductrice. Mais je ne dis pas ça à toutes les femmes. […] Le sexe, c’est ma vie privée. Le reste, c’est mon travail de commissaire. »

De la part du chef de service de l’OMP on n’en saura guère plus. Il faisait sauter quelques P-V pour obtenir du champagne, des chambres d’hôtel, une place à Roland-Garros pour son fils ou au concert de Shakira pour sa femme…

En ce qui concerne les magistrats on aimerait en savoir un peu plus : qu’elles pouvaient être les contreparties accordées aux policiers.

Dans l’affaire de L’INTERNAUTE DE TOURS nous n’osons imaginer que l’outrage fait aux preuves par les magistrats a été une contrepartie de mauvaises pratiques policières.

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