MEDIATOR,ANALYSE DU RAPPORT IGAS: les trois coups et les deux premiers acteurs – introduction

Par Yves Dumas,

Suite au retrait du produit du marché, en novembre 2009, l’affaire ne faisait pas plus de bruit que cela début 2010.

La docteure Frachon décidait de publier un ouvrage sur toute l’affaire.

La première édition sous-titrée « combien de morts » paraissait le 03 juin 2010.

Le 7 juin 2010, le tribunal de Grande Instance de Brest ordonnait, suite à une action des Laboratoires Servier en référé, le retrait de cette mention au titre de l’ouvrage, intitulé

« Mediator 150 mg – Combien de morts? ».

Le livre paraissait définitivement à la même date de publication sous le titre:

« Mediator 150 mg – Sous-titre censuré ».

Le 30 novembre 2010 elle faisait appel devant la cour de Rennes.

Celle-ci infirmait le jugement brestois estimant que lorsqu’elle a sous-titré son livre « Médiator 150 mg, combien de morts ? », Irène Frachon a posé

« une question pertinente, qui a contribué à faire avancer un légitime débat sur la nocivité d’un médicament mis sur le marché ».

C’est cette dernière péripétie qui sonnait les trois coups de la pièce « politico-médiatique » qui allait se jouer sur fond de MÉDIATOR.

Sans y voir trop de malice comment ne pas établir de lien entre cette date et la date de saisie de l’IGAS par le Ministre du travail, de l’emploi et de la santé pour la mission pour une enquête qui allait se dérouler fin 2010 et début 2011. L’IGAS  a été saisie officiellement le 29 novembre 2010, un an après le retrait du produit des pharmacies, 1 jour avant le verdict de la cour d’appel de Rennes.

Les premiers acteurs à apparaître étaient désignés par leurs fonctions :

  • le ministre de la santé, Xavier Bertrand à l’époque,
  • l’inspecteur de l’igas que celui-ci désignerait ou accepterait sur proposition de la direction de l’IGAS.

Pour l’IGAS le « tirage au sort » faisait ressortir le docteur Aquilino Morelle.

Pour la majorité des français ce nom ne disait rien.

Pour certains professionnels de santé Aquilino Morelle n’était pas un inconnu, loin de là. Il avait été l’inspecteur de l’IGAS qui coordonna l’inspection dans l’affaire du sang contaminé. Il avait à ce titre publié un ouvrage qui lui permit d’aller au-delà de son rapport « administratif ». Cet ouvrage intitulé:

« La défaite de la santé publique »

publié chez Flamarion, est un véritable réquisitoire pour la santé publique et contre les apprentis sorciers.

Nous sommes à l’approche de 2011, en pleine préparation de la campagne présidentielle de 2012, pour certains « politiques » cet inspecteur de l’IGAS n’est pas un inconnu.

C’est ce co-pilotage « surprenant » qui prend en main le premier acte de l’affaire MÉDIATOR dès le mois de novembre 2010.

A suivre prochainement : Mediator: les trois coups et les deux premiers acteurs – 1. Xavier Bertrand

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