L’INTERNAUTE- LE FILM 10 : quand le juge Michaud voulait faire franchir le « pont aux ânes » au gendarme Moulay

Par Yves Dumas,

Il allait s’écouler presque une année entre le premier jugement de décembre 2008 et celui de septembre 2009.

Il n’aura fallu que quelques jours à la lecture du jugement du 22 décembre 2008 pour que l’INTERNAUTE note le piège aux cancres (le pont aux ânes pour reprendre l’expression imagée au sujet du théorème de Pythagore) que le juge Michaud tendait, par ignorance certainement, au gendarme Moulay dans sa conclusion ultime:

« Attendu qu’il y a donc lieu d’ordonner un supplément d’information qui consistera à demander à Frédérique Moulay, technicien informatique de la gendarmerie de Tours:

de bien vouloir dire s’il est possible de dater les apparitions premières de clichés exploités et comment, sans que le procédé soit contestable. »

Le travail du brave technicien était donc de DIRE, ou plus précisément, d’expliquer, car DIRE c’est:

Énoncer un propos par la parole physiquement articulée avec l’intention de le communiquer et d’appeler éventuellement une réponse ou une réaction.

Dans le cas présent DIRE devait certainement consister à expliquer « s’il est possible de dater les apparitions premières des clichés exploités« , à savoir des clichés datés tous du 15 juin 2007, soit un an après la saisie des disques durs par Samoyault.

Qu’aurait pu dire Moulay ?

Tout d’abord que des photos se caractérisent par trois dates, chacune ayant, dans Windows (puisque c’est bien de cet outil qu’il était question selon le technicien), une définition précise:

  • une date de création: la date à laquelle une image est créée, qu’il s’agisse de l’image première ou de chacune de ses modifications de cette image,
  • une date de modification: toute action autre que celles de la création
  • une date de dernièr accès: les clichés présentés ne montraient pas de date de dernier accès. Il s’agit de la date de dernière lecture de l’image.

La demande du Président Michaud devait donc consister à savoir comment à partir des dates des images (15 juin 2007) il était possible de remonter aux dates des images d’origine supposées être d’avant la saisie des disques durs (novembre 2006).

L’Internaute pensait que le gendarme Moulay allait l’expliquer simplement, dans un rapport synthétique comme celui que nous avions réalisé en août 2009.

Il aurait pu le faire facilement car il avait annoncé qu’il avait opéré dans des conditions garantissant la protection de toutes les données donc y compris des dates caractéristiques des images.

L’Internaute attendait Moulay sur le « pont aux ânes ».

Comment Moulay allait-il franchir le « pont aux ânes » ?

L’Internaute devait attendre septembre 2009 pour le savoir.

Nous attendrons encore un peu pour le savoir.


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