L’INTERNAUTE- LE FILM 11 : consolider le « pont aux ânes » pour confondre Moulay, l’objectif de l’Internaute

Par Yves Dumas

Le « pont aux ânes » tendu par le Juge Michaud au gendarme Moulay était tellement évident que l’Internaute prenait un malin plaisir à choisir le meilleur expert judicaire en matière d’informatique pour examiner le CD ROM de sauvegarde des preuves transmis par le tribunal. Un expert reconnu c’est tout de même mieux qu’un technicien en informatique, même s’il est gendarme. Il avait eu connaissance du contenu du CD ROM et savait par avance à quoi s’en tenir.

Chose faite l’expert lui demandait de préciser la liste des questions auxquelles il souhaitait qu’il réponde. C’est toujours un choix délicat car soit on pose trop de questions soit on ne pose pas les bonnes questions.

Après mure réflexion il arrêtait la liste suivante:

Q1: L’Internaute  a  été  détecté  dans  la  nuit  du  6 au  7  juin  2006  (1  heure 55)  pour  « avoir  diffusé  une  image  mettant  en scène  une  mineure  dans  une  pose pornographique.  Cette  image  est  décrite  comme  suit: 

« New  !Pedo  9  Yo  Tori  01  Lsm Kdquality  Childlover  Pthc  Kidzilla  19.jpg ».

Est-ce  que  cette  image  a  été retrouvée par  l’expert  de la  gendarmerie,  en d’autres  termes  se  trouve  t’elle  sur  le  CD ? L’accusation initiale de  « diffusion » est devenue « … commis ou tenté de commettre l’infraction de  détention  d’une  image… « !

Q2: L’Internaute était en cours de téléchargement sur le réseau EMULE. Avec la réponse à la question 1 comment peut-on déduire qu’il a tenté de commettre l’infraction de détention si l’on ne retrouve pas l’image sur son disque dur ce qui semble être le cas puisque l’expert n’en fait pas mention ?

Q3: Le rapport de Rosny sous Bois qui a identifié l’image et qui a demandé l’adresse IP de L’Internaute mentionne  :  « First  seen 03:59:43 »,  « Last seen: 04:00:38 ».  Qu’est-ce  que  cela  signifie ?

Q4: Dans son rapport l’expert mentionne la liste suivante des mots de recherche qu’il a récupérée: Audrieu Cathy, conos, Roaring, California girls, Lorraine Brunette, Shelley Winters, nidist, blushvintage.com, Candy Barr, gala, blushvintage, blushing, Dirty Debutante, Dirty Debutante #7, vintage, Vintage.com, close up adult star, adolescentes, Private Nurse, Orgies adolescentes, Discosex, jouir, Attention je vais jouir, Par devant par derrière, La Grande Enfilade, Hyperpenetrations, Hyperpénétrations. Le technicien de la gendarmerie conclu: « … le mot adolescente a été rentré, montrant que l’utilisateur possède un attrait pour les mineurs« . Est-ce que ces mots sont à connotation pédophile et Est-ce que le mot adolescente traduit « un attrait pour les mineurs » ?

Q5: Le CD contient différents dossiers, de mèmoire au moins deux: CLASS 2 et CLASS 3. Dans l’un d’eux on trouve le classeur « pthc » et le classeur « pedo ». Par ailleurs, on trouve 3 ou 4 classeurs avec des noms de pays (Suéde, Norvège …). Est-ce que dans ces derniers classeurs on retrouve des images des classeurs « pthc » et « pedo » ? Si oui, Est-ce que ces images montrent les mêmes informations (Nom, Créer, Modifier …) que les images des classeurs « pthc » et « pedo » ?

Q6: Le technicien de la gendarmerie parle de 144 fichiers qui « pourraient être » des fichiers pédopornographiques. Est-ce ces fichiers sont présents sur le CD et que sont-ils ?

Q7: Parmi les fichiers « pthc » et  » pedo » il semblerait que quelques fichiers soient à la fois « pthc » et « pedo » voire « pthc-pedo ». Est-ce possible ?

Q8: Le technicien de la gendarmerie parle de 7000 JPG présents dans 700 dossiers dans le scellé n°3. Il qualifie le tout de « pornographique ». Est-ce que ces fichiers sont disponibles sur le CD ROM ? Si oui Est-ce que tous ces fichiers sont réellement pornographiques ?

Q9: Le technicien de la gendarmerie mentionne 30 mots clés dans son rapport, tous à « connotation pédopornographique » selon lui. Combien le logiciel e-Mule peut-il garder de mots clés ?

Q10: Y a-t-il un fichier des mots clés disponible sur le CD ROM dont le technicien de la gendarmerie parle dans son rapport ?

Q11: quelles sont les données sources des images « pthc » et « pedo » présentes sur le CD ROM ? 

Q12: Si certaines images ont des dates différentes (création ou modification) qu’en est-il et qu’Est-ce que cela signifie ?

Q13: Quelles sont les données source des autres images présentes sur le CD ROM (notamment au niveau des classeurs Suède, Norvège etc.)

L’important était que l’Internaute puisse également disposer de toutes les informations relatives aux images et aux informations associées à celles-ci.

Les motivations de l’Internaute étaient précises:

  • s’assurer tout d’abord que l’image faisant l’objet de la prévention initiale et qu’il précisait avoir détruite immédiatement avait été identifiée ou non par le technicien,
  • combien de temps était-il resté en contact avec cette image qu’il précisait avoir détruite immédiatement ?
  • pourquoi le mot adolescentes, par ailleurs titre d’un film non pédopornographique, était-il mis en avant pour justifier de sa culpabilité alors que bien d’autres mots avancés par le technicien étaient beaucoup plus « hard » ?
  • la structure des dossiers présentés comme lui appartenant lui était totalement inconnue. Par ailleurs il y avait des images qui se ressemblaient tellement que tout laissait à penser qu’elle avaient fait l’objet d’un montage. Qu’en était-il vraiment ?
  • avec tout cela combien y avait-il de fichiers  : 144, plus, moins ? Sur la totalité combien y en avait-il d’identiques ?
  • le technicien avançait 7000 JPG pornographiques; combien y en avait-il réellement sur le CD ROM de sauvegarde censé regrouper les preuves ?
  • la présence d’un fichier de mots clés dans la sauvegarde du technicien était indispensable pour comprendre d’où venaient ces mots clés qu’il n’avait jamais vu,
  • qu’elles étaient les données sources des fichiers incriminés ? A partir de là il serait possible de comprendre d’où venait les images ?
  • les dates et heures de création et de modifications devaient permettre de comprendre d’où venaient ces fichiers datés de 8-9 mois après la saisie de ses disques durs,
  • de même pour ces fichiers « pays » qui ne lui appartenaient pas.

Avec tout cela il savait qu’il disposerait de toutes les données de l’expert Forensic.

Il aurait de quoi décortiquer le processus qui l’avait conduit en correctionnelle.

Rien à voir avec la médiocrité du travail du technicien Moulay, gendarme de la gendarmerie nationale.


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