Procureur Beck

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QUAND LE PROCUREUR BECK LANCE ET ENTRETIEN LA RUMEUR

Par Michel Engelmann

Le 20 décembre dernier, Bertrand Nzohabonayo (qui se faisait aussi appeler Bilal) agresse au couteau des policiers au commissariat de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire) avant d’être abattu.

La version officielle lancée par les policiers puis reprise par certains journaux est qu’il s’agit d’une attaque terroriste.

Cette version est mise à mal par différentes enquêtes (Mediapart, France 3 et le Point).

Pour couper court à « des rumeurs qui circulent dans tous les sens » et qui « inquiètent la famille » le procureur Beck organisait une conférence de presse et expliquait :

« Il s’agit d’un point presse intermédiaire pour couper court aux rumeurs qui mettent en cause le fait qu’il [Bertrand Nzohabonayo] ait été tué dans des circonstances de légitime défense. »

Le problème aujourd’hui c’est que ce point intermédiaire est devenu un point définitif. Un point « définitif » qui alimente la rumeur qu’il était censé combattre. Car aujourd’hui Bertrand Bilal ne peut pas se défendre lui même. La rumeur enfle du fait des dires des policiers et des maladresses du magistrat. Aucune enquête n’a été conduite, aucune écoute de témoins n’a été pratiquée. L’invitation faite aux témoins de s’adresser au commissariat d’Orléans ne lève pas la suspicion sur le manque de volonté du procureur Beck.

Le procureur Beck ne parait pas disposé à lever le doute puisqu’il met en avant l’enquête de la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire pour “ne faire aucun commentaire” sur l’affaire qui est désormais comptabilisée comme un « Attentat terroriste ».

Le magistrat s’étant saisi de l’affaire il ne peut l’ignorer.

A-t-il nommé un juge d’instruction ?

Non !

Vivons nous là les premiers tremblements du « patriot act » à la française ?

JOUE-LES-TOURS: déni et langue de bois, les outils classiques de l’omerta judiciaire et policière !

Par Yves Dumas

La conférence donnée par le procureur de la république de Tours résonne comme autant de déni et de langue de bois pour maintenir l’omerta sur ce qui c’est passé dans l’antenne du commissariat.

Le procureur Beck, assurait qu’il  souhaitait

«faire un certain nombre de mises au point afin que l’on ne s’égare pas et qu’on ne colporte pas des informations inexactes».


Objectif atteint ?

Loin de là, on retrouve dans le discours du procureur tous les ingrédients habituels du déni et de la langue de bois.

Pour preuve !

La version policière est confortée:

« Samedi 20 décembre, peu avant 14 heures, Bertrand Nzohabonayo, alias Bilal, un homme d’une vingtaine d’années à la barbe fournie et à l’allure sportive se présente au commissariat de Joué-lès-Tours, une commune calme d’Indre-et-Loire posée en périphérie de Tours. Il tambourine à la porte, un policier vient lui ouvrir. Ce dernier est aussitôt agressé de plusieurs coups de couteau au cri «d’Allahou Akbar» [Dieu est le plus grand, en arabe]. Des collègues interviennent dans le sas de sécurité et sont eux aussi agressés de plusieurs coups de couteau, toujours au cri d’Allahou Akbar. Une policière, elle aussi atteinte, finit par l’abattre de plusieurs balles. Décès constaté une demi-heure après le commencement des faits. »

 La vérité est là, elle est exprimée par les policiers qui pour certains d’entre eux doivent être OPJ, c’est à dire détenteur de la « vérité ».

Le déni est en place.

Le procureur Beck n’a aucune écoute pour les témoins directs et les proches du jeune homme. 

Tout d’abord une personne affirme que Bertrand Nzohabonayo n’a jamais crié Allahou Akbar. Ces faits sont corroborés par quatre témoins interrogés par différents médias. Ensuite il ne serait pas rendu seul au commissariat. Il aurait été accompagné par des policiers qui souhaitaient l’entendre dans le cadre d’une agression subie par un des policiers locaux la veille au soir.

Dans cette version des faits un témoin a affirmé devant les caméras :

« J’ai vu les quatre policiers prendre le monsieur pour le rentrer à l’intérieur. »

Ceux-ci lui auraient répondu:

“Calmez-vous !”

La personne à crié:

“Aaah!”

et à commencé à se débattre.

Le procureur Beck minimise ces faits:

«Effectivement, un policier en repos a eu des incidents alors qu’il faisait un jogging dans la rue».

Et de conclure rapidement que les affaires ne seraient pas liées. Le déni se renforce.

En prenant pour vérité la version policière sans plus de vérification le procureur fait preuve d’une langue de bois qui rend quasiment impossible à toute personne de répondre à son appel à témoins,

Comme ce fut le cas sur Tours pour d’autres affaires similaires le risque est important que tout témoin puisse être condamné pour diffamation la version « légale » de l’affaire laissant peu de marge de manœuvre. Même en se tournant vers Orléans cela ne changera rien. L’Internaute de Tours est bien placé pour le savoir. Le corporatisme judiciaire et policier dépasse le clivage régional.

Verrons nous un magistrat prendre le risque de se couper de ceux qui sont chargés de lui fournir les éléments de preuve dans les affaires quotidiennes ?

Peut-être un jour, mais probablement pas à Tours aujourd’hui.

 

JOUE-LES-TOURS: Maitre Assous contre l’omerta policière et judiciaire !

Par Yves Dumas

Le décès de celui qui fut rapidement présenté comme un djihadiste soulève de nouvelles questions. Et si ce n’étaient pas celles que tout le monde se pose !

Flash back: un Procureur rapide à imaginer une attaque d’un « loup solitaire ». Des policiers n’ayant de cesse d’expliquer qu’ils avaient réagi par légitime défense après que deux d’entre eux aient été « saignés ». Un ministre de l’intérieur tout d’abord enclin à calmer le jeu puis maintenant « plaidant » face aux caméras qu’ayant entendu les « braves » policiers il n’a plus aucun doute sur le fait que les policiers ont bien été agressés.

Un ministre qui oublie, tout comme le procureur nouveau venu, que ce commissariat a déjà derrière lui quelques histoires truculentes (harcèlement d’une collègue policière, « matraquage » d’une femme cherchant à défendre son mari à terre).

Là, ils sont tous d’accord, du flic « lardé » au ministre en « costard » en passant par le procureur toujours en « Guyane »: monsieur Nzohabanayo a agressé les braves flics à l’aide d’un long couteau. Là dessus tout le monde est d’accord vu les traces. Mais la question se complique si on cherche aujourd’hui à savoir comment, où et pourquoi il est réellement mort.

Plus de « loup solitaire », plus de djihadiste, plus de « black », mais un homme contre qui l’omerta policière et judiciaire s’est braquée pour défendre de « braves flics », au risque qu’il y ait une brebis galeuse parmi eux.

Car à Tours  (Joué-les-Tours est la banlieue), dans les affaires douteuses qui mettent en jeu des policiers et des magistrats, la règle c’est l’omerta.

De Caillaux à Beck en passant par Varin la ville se protège en cachant le mal, car ne pas voir le mal où il peut être c’est faire en sorte que le mal n’existe pas.

Comme pour l’affaire de L’Internaute de Tours dans laquelle policiers et magistrats protègent quelques flics non recommandables nous faisons le pari que la vérité restera cachée car seule l’omerta protège la paix illusoire de la cité.