Taubira

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MERCI MADAME TAUBIRA

Par Michel Engelmann

Nous n’avons pas été d’accord avec toutes vos propositions Madame.

Nous n’avons jamais accepté la façon odieuse avec laquelle vous avez été traitée par une certaine presse.

Nous n’avons jamais accepté les propos à votre encontre de la part de nombreux parlementaires.

Nous vous remercions d’avoir porté jusqu’au bout une vision non uniquement répressive de la justice. Le virement droitier, pour ne pas dire extrêmement droitier, de notre société ne vous aura pas permis de mener à bien ce projet. Cette situation fera encore pour quelques années les beaux jours des entreprises du bâtiment dans un programme insensé de construction de prisons. Le justice n’aura rien à y gagner. La société a tout à y perdre.

Merci encore Madame la Ministre et bon vent.

LES FAUX CULS, LE CORPORATISTE ET LA CHOREGRAPHE – l’affaire de la prison de Dreux

Par Michel Engelmann

Suite à la non-incarcération de trois détenus condamnés à des peines de prison des représentants éminents de la classe politique s’en sont pris à la ministre de l’intérieur voire se sont dites surprises de l’événement.

Le Président de l’USM parlait de « bal des faux-culs ». Peut-être jetait-il trop vite tout le monde dans le même panier !

Rappel des faits :

Trois délinquants avaient été interpellés par la police. Ils avaient été condamnés pour des affaires de rébellion, de violences avec armes ou encore d’inexécution d’une peine de travail d’intérêt général (TIG). Ces peines de prison ferme n’avaient pas encore été mises à exécution. Les policiers les ont interpellés et présentés au procureur. Celui-ci décidait de ne pas les faire exécuter immédiatement. Il ordonnait la remise en liberté des trois hommes.

Selon le Figaro un officier de police a alors rédigé un rapport dans lequel il écrivait que le parquet avait ordonné à l’officier de police « de libérer sans délai les mis en cause, sans suites judiciaires, au prétexte que la maison d’arrêt de Chartres était pleine et qu’il ne fallait plus mettre en exécution le moindre écrou au moins jusqu’au 1er septembre ».

Le bal des faux culs !

C’est au secrétaire général de l’USM que l’on doit l’indentification de ceux-ci.

Aussi tôt les snipers de la droite se mettent en position : « C’est une politique irresponsable, dangereuse et, je le dis très clairement, cette politique de Christiane Taubira met en péril le pacte républicain », lâche le député UMP Éric Ciotti. Et Dati d’en rajouter sur le même ton.

En effet, depuis la loi Dati de 2009, l’incarcération est en effet devenue le dernier recours. La loi impose aux magistrats d’aménager les peines de moins de deux ans, si la situation et la personnalité du condamné le permettent. Le juge d’application des peines (JAP) doit alors, après la condamnation, trouver des alternatives fiables à la prison (bracelet électronique, assignation à résidence…). Si les condamnés ne respectent pas les conditions posées par le JAP, leur aménagement de peine peut être révoqué. Ils prennent alors le risque d’être inscrits au fichier des personnes recherchées, d’être à nouveau arrêtés par la police, et de purger cette fois-ci leur peine en prison

La danse du corporatisme ?

Devant le déferlement de la droite le ministre de l’intérieur régissait. Il jugeait lui-même la « décision (du magistrat) très étonnante ». Cette réaction ne pouvant traduire une ignorance de la dite loi et de ses modalités d’application par un ministre régalien serait-elle la conséquence d’un empressement irréfléchi de prendre la défense des dits policiers ? La réponse est peut-être dans cette question car, comme il le répète à l’envie, il fait « confiance aux policiers ».

Nous préférerions qu’il fasse confiance à la Police mais regarde avec prudence certains policiers voire même seulement certains dires des policiers !

La Chorégraphe !

Dans la foulée Christiane Taubira se fendait d’un communiqué dans lequel elle demandait « au parquet général de la cour d’appel de Versailles de bien vouloir lui rendre compte des conditions dans lesquelles le parquet de Chartres a été amené à prendre cette décision« . Elle réclamait donc une enquête interne alors que « les faits sont exactement ce qu’elle demandait aux magistrats de faire il y a une semaine« , c’est-à-dire de rechercher des sanctions alternatives à l’incarcération (bracelet électronique, travaux d’intérêt général, etc.).